Le 10 mai, un immense autodafé est organisé devant l'opéra de Berlin, condamnant au bûcher les livres d'une centaine d'auteurs principalement juifs. Après l'interdiction du SPD (le Parti social-démocrate) d'Allemagne, dont des membres sont assassinés ou envoyés en camps de concentration, le régime dissout l'ensemble des partis politiques et instaure en juillet le parti unique. Tandis que le Reich engage l'ambitieuse construction d'autoroutes, Hitler quitte avec fracas la Société des Nations et lance le pays dans une politique de réarmement intensive...
Chronique polyphonique
Reprenant le mode de narration déjà déployé dans un précédent documentaire, Berlin 1945, Volker Heise construit son récit à partir d'extraits d'écrits – journaux intimes, lettres, discours ou articles de presse – qui s'accompagnent de poignantes images d'archives du Berlin de l'époque. Les mots de diplomates, journalistes, intellectuels, syndicalistes, dignitaires nazis ou opposants politiques se mêlent à ceux de Berlinois ordinaires – sympathisants d'Hitler, apolitiques, juifs – pour nourrir cette chronique polyphonique d'une funeste année de bascule. Des témoignages marqués par l'immédiateté, entre sidération, effroi et aveuglement, et qui prennent bien souvent une tout autre dimension avec le recul de l'histoire.