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Syrie : les enfants volés de la dictatureLes bébés volés, l’Église catholique et Franco
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Disponible jusqu'au 22 avril 2026 à 05:00
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De l'époque franquiste aux années 1980, des centaines de milliers de bébés ont été volés à leurs parents avec la complicité active de l’Église catholique. Enquête sur un chapitre terrible de l’histoire espagnole, aujourd’hui encore frappé d’omerta.
Il y a une quarantaine d’années, l’écrivaine Elsa Lopez accouchait dans une clinique madrilène. La nouveau-née qu’on lui présente est glacée : son médecin lui annonce que sa fille est morte. En apprenant, plusieurs décennies plus tard, que le gynécologue a été arrêté et jugé pour trafic d’enfants, Elsa comprend qu’elle fait partie des milliers de victimes d’un crime de masse, dont l’ampleur n’est révélée au grand jour que dans les années 2000. En un demi-siècle, ce sont quelque 300 000 nouveau-nés qui auraient été volés à leur mère puis vendus, dans le plus grand secret, à des parents adoptifs. Un système dans lequel l’Église catholique espagnole – le catholicisme est religion d’État – a joué un rôle actif, notamment à travers un réseau de couvents et d’intermédiaires.
Scandale d’État
Mis en place aux premières heures de la dictature de Franco, dans les années 1930, ce réseau visait à l’origine les enfants d’opposants politiques, qu’il fallait soustraire à l’influence néfaste de leurs parents, atteints d’une "maladie mentale" désignée : la gauche. Au fil des décennies, le vol de bébés s’institutionnalise, touchant principalement les filles mères et les familles modestes, pour devenir un véritable modèle économique impliquant médecins, avocats et religieux catholiques. Ce système survivra au franquisme et se perpétuera jusqu’au début des années 1980. Aujourd’hui encore, l’omerta règne sur ce terrible pan de l’histoire espagnole, truffé de zones d’ombre et de détails sordides. L’Église refuse toujours d’ouvrir ses archives, les autorités se montrent peu coopératives et la justice piétine : 90 % des plaintes déposées par les victimes sont classées sans suite. Ces dernières se voient contraintes de se tourner vers l’étranger, notamment pour réaliser des tests ADN – les laboratoires du pays étant encore noyautés par l’Opus Dei… Édifiant, ce documentaire d’investigation tente de faire la lumière sur ce scandale d’État, en interrogeant fonctionnaires et dignitaires religieux. Il donne également la parole au juge Baltasar Garzón, ainsi qu’à de nombreuses victimes qui n’ont jamais perdu l’espoir de retrouver la famille qu’on leur a enlevée.
Pays
Allemagne
Année
2022
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