Siegfried est élevé par le nain Mime, un Nibelung. Il décide un jour de reforger l'épée de son père, avec laquelle il tue ensuite le dragon Fafner, détenteur de l'Anneau. Poursuivant ses aventures, il réveille Brünnhilde de son sommeil magique, et tombe sous le charme de cette walkyrie, qui n'est autre que sa tante.
Succès public et critique
Ce troisième volet de la tétralogie de Wagner marque le déclin des dieux : Wotan, devenu un vagabond, et Erda, qui a perdu ses pouvoirs, laissent le devant de la scène aux amoureux Siegfried et Brünnhilde. À la matière du mythe se mêlent des motifs merveilleux, issus notamment du conte des frères Grimm Celui qui s'en alla pour connaître la peur et de la Chanson des Nibelungen. Les mélodies de Wagner, elles, témoignent une fois de plus de leur pouvoir évocateur, notamment dans le célèbre passage des "Murmures de la forêt". Présentée en 2022 à la Staatsoper Unter den Linden de Berlin, cette version a suscité l'enthousiasme des spectateurs. La critique, à l'unisson, a encensé la performance des chanteurs, la mise en scène inspirée de Dmitri Tcherniakov, qui transpose l'action dans un monde sous emprise technologique, ainsi que la maestria de Christian Thielemann. Ce dernier remplaçait Daniel Barenboim, souffrant, à la tête de l'Orchestre de la Staatskapelle de Berlin.