Parvenue à stopper un forcené qui abattait des femmes en pleine rue, dans la ville australienne de Winton, Alexandra Irving, une activiste autochtone, se retrouve sous le feu des projecteurs. Rachel Anderson, la première ministre, confie à Jonathan Cosgrove, son conseiller, la mission de convaincre cette héroïne de briguer un siège au Sénat. De son côté, Jess Clarke, une adolescente aborigène, s’échappe d’un centre de détention après avoir assisté à la mort de l'amie avec qui elle partageait sa cellule. Face au refus d’Alexandra, Rachel, contestée au sein de son propre parti, décide de rencontrer la jeune femme…
Deux femmes puissantes
Depuis Borgen, les intrigues politiques mettant en scène des femmes de pouvoir ont le vent en poupe. Total Control exploite brillamment cette veine avec un formidable duo d’actrices. D’un côté, l’étonnante Rachel Griffiths (Muriel, Six Feet Under), carré blond strict et rangs de perles, dans le rôle de la Première ministre australienne agissant avec des visées politiciennes. De l’autre, la multiprimée Deborah Mailman (Nos vies secrètes, Mystery Road), dans la peau d’une citoyenne qui défend la cause de sa communauté aborigène dans une bourgade du Queensland. Également coscénariste, Rachel Griffiths tisse avec brio une intrigue aux accents de tragédie avec son lot de mensonges, de trahisons et de vengeances sur un fond politique alarmant, les féminicides atteignant un taux record en Australie. Les femmes, mêmes matriarches, sénatrice ou Première ministre, demeurent in fine soumises à la loi du plus fort, souvent victimes d’un mâle en embuscade prompt à reprendre sa place au sommet du pouvoir. Produit par Blackfella Films, société de production qui met l’accent sur des histoires aborigènes, et réalisé avec fluidité et élégance par Rachel Perkins (Mystery Road), Total Control réussit l’équilibre entre tension dramatique et exploration des arcanes du pouvoir.