George Gershwin donne le ton : il a su allier avec tant de génie la musique classique et le jazz qu’il n’est plus question de distinguer musique savante et musique populaire. C’est un séjour à La Havane qui l’a inspiré pour son Ouverture cubaine entraînante, influencée par des rythmes de rumba.
Dans son grand Concerto en fa, que Chailly qualifie de « premier concerto pour piano américain », c’est le charleston et le blues qui donnent le ton. Gershwin qualifiait le finale d’« orgie rythmique » : exactement le morceau qu’il fallait pour un artiste aux frontières multiples comme Frank Dupree, avec son énergie débordante et sa joie de jouer contagieuse.
La deuxième partie de ce concert d’ouverture est consacrée à Charles Ives, pionnier de la liberté musicale, qui ne se soumettait à aucune règle. Si sa Symphonie n° 1 s’inscrit encore dans la tradition romantique, elle apporte en même temps, par son optimisme inébranlable, une touche typiquement américaine. Et surtout : son mélange enjoué de mélodies somptueuses, d’éclats endiablés, de sons gospel émouvants et de rythmes de marche entraînants offre tout simplement un divertissement de premier ordre !
Filmé le 14 août 2026 au Festival de Lucerne, Suisse.