Les Russes continuent de partir en vacances en cette quatrième année de guerre en Ukraine. Sur la Riviera russe de la mer Noire, le décalage entre propagande et réalité est criant. La guerre s’est invitée dans les stations balnéaires. À Touapsé, les attaques de drones sont désormais monnaie courante : des installations industrielles sont ravagées par les flammes et une partie du littoral est polluée par des fuites d’hydrocarbures. Le passé resurgit, un peu à la manière d’un boomerang.
Cette année, la Crimée est devenue trop dangereuse pour les vacanciers russes qui se tournent vers d’autres destinations. Un reporter de "Tracks East", qui préfère garder l’anonymat par crainte d’être arrêté, observe des Russes qui passent du bon temps à Sotchi, tandis que la guerre fait rage sur l’autre rive de la mer Noire.
Autre ambiance en Turquie, où une crise aiguë du logement alimente les tensions. Les Russes fortunés installés dans le pays sont pointés du doigt, car les loyers flambent depuis 2022. À Antalya, le complexe touristique Kremlin Palace leur offre détente et divertissement, à l’abri de la russophobie croissante en Turquie comme en Europe.
En Corée du Nord, en revanche, les touristes russes sont accueillis à bras ouverts. Ils suivent notamment des cours de cuisine sur le kimchi, un plat traditionnel de légumes fermentés. À l’inverse, les Nord-Coréens sont invités en Russie… pour combattre sur le front russo-ukrainien ! Dans une chronique, la journaliste en exil Masha Borzunova informe sur les campagnes diamétralement opposées de ces deux pays.