En Ukraine, les journalistes étrangers travaillent rarement seuls. Derrière les enquêtes sur les crimes de guerre, les photos chocs des atrocités, les vidéos des ravages causés par deux ans de conflit, il y a des centaines de fixeuses et fixeurs ukrainiens. Un travail de l’ombre, méconnu et pourtant indispensable. Sans eux, il aurait été impossible pour les journalistes venus du monde entier de couvrir l’actualité en Ukraine depuis que la Russie a envahi le pays le 24 février 2022 et que Vladimir Poutine a déclenché le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Dans leur quotidien à Kyiv, la capitale, ou en mission au plus près du front, ces fixeurs d’une trentaine d’années sont les visages d’un métier méconnu pourtant au cœur de la fabrique de l’information et d’une génération qui risque sa vie pour exposer au grand jour les heures les plus sombres de leur pays. “Peut-être qu’un jour ce sera à mon tour d’être soldat, anticipe Andrii Kolesnyk. En attendant, ma place est ici, comme fixeur.”
Tour à tour interprètes, chauffeurs, guides, intermédiaires entre les journalistes et leurs contacts, les fixeurs permettent aux reporters d’atteindre les zones les plus dangereuses et les plus isolées d’Ukraine.
Andrii Kolesnyk, Oleksandra Aleksandrenko et Kyrylo Sirchenko, tous témoignent de leur expérience au service du journalisme, mais aussi des défis sécuritaires et psychologiques qu'ils doivent relever pour rendre possible la couverture de cette guerre.
Morgane Bona, correspondante pour le quotidien national français Libération, James de Caupenne, documentariste indépendant, et Philippe Lobjois, journaliste pour le quotidien régional français Ouest-France les ont suivi dans leur travail en Ukraine, ces derniers mois.